20/11/2025

Identifier et comprendre les principales causes de la perte auditive chez l’adulte

Un enjeu majeur de santé publique : la perte auditive chez l’adulte en chiffres

Les troubles auditifs représentent aujourd’hui un enjeu de santé publique mondial : d’après l’OMS, plus de 1,5 milliard de personnes vivaient en 2021 avec une forme de perte auditive (source : OMS). En France, on estime que près de 7 millions d’adultes déclarent ressentir une gêne auditive, même légère (baromètre Santé publique France, 2019). Chez les plus de 65 ans, 1 personne sur 3 est concernée.

Les conséquences d’un trouble auditif non soigné sont nombreuses : isolement, fatigue, déclin cognitif accéléré, difficultés d’accès à l’emploi. Connaître les causes, c’est la première étape pour mieux se protéger.

Les causes principales des troubles de l’audition chez l’adulte

  • Le vieillissement naturel – La presbyacousie
  • L’exposition aux bruits forts et prolongés
  • Les maladies et affections de l’oreille
  • Les facteurs médicamenteux et chimiques
  • Les traumatismes physiques
  • Les causes héréditaires ou génétiques
  • Certains troubles métaboliques et cardiovasculaires

La presbyacousie : l’usure naturelle de l’oreille

La presbyacousie désigne la diminution progressive de l’audition liée à l’avancée en âge. En France, elle concerne 65 % des plus de 65 ans (source : Institut Pasteur de Lille).

Ce trouble apparaît généralement après 50 ans et résulte de l’altération progressive des cellules ciliées de l’oreille interne, nécessaires à la captation des sons aigus. Peu douloureuse et souvent discrète au début, la presbyacousie se reconnaît principalement par :

  • Une gêne dans les environnements bruyants
  • Des difficultés à discerner les voix aiguës, notamment celles des femmes et des enfants
  • Une tendance à augmenter le volume de la télévision ou du téléphone

Contrairement aux idées reçues, tous les seniors ne deviennent pas malentendants au même rythme : la génétique et le mode de vie jouent un rôle notable.

Le bruit, ennemi silencieux du quotidien

L’exposition aux sons forts et/ou prolongés constitue la deuxième cause de perte auditive chez l’adulte. Selon Santé publique France, 10 à 15 % des pertes auditives sont attribuées à une surexposition sonore non professionnelle (Santé publique France). Les métiers du bâtiment, de la musique ou de l’industrie sont bien sûr concernés, mais les loisirs sont désormais la première source d’exposition évitable chez les moins de 50 ans (concerts, écoute au casque, outils domestiques bruyants).

  • Bruit continu : vivre/travailler dans un environnement sonore élevé (au-delà de 85 décibels). Exemple : usines, chantiers, bars, transporteurs routiers.
  • Bruit ponctuel ou choc sonore : un évènement unique mais très intense (explosion, tir, feu d’artifice…), responsable de lésions irréversibles presque immédiates.

Le seuil de douleur auditive est atteint à 120 décibels. Cependant, dès 80-85 décibels (environ le niveau d’une tondeuse ou d’un bouchon de métro), un danger existe si l’exposition se prolonge.

Des habitudes à risque bien ancrées…

Une enquête Ifop de 2021 révèle que 60 % des moins de 35 ans utilisent des écouteurs ou casques au moins 1 heure par jour, et que 37 % d’entre eux avouent ne jamais baisser le volume pour se protéger.

La perte auditive provoquée par le bruit n’est pas toujours immédiate : les symptômes (acouphènes, sifflements, impression d’oreille “cotonneuse”) peuvent apparaître des heures ou des années après.

Les otites et maladies de l’oreille chez l’adulte

Chez l’enfant, les otites sont fréquentes et souvent bénignes. Chez l’adulte, certaines infections de l’oreille peuvent, lorsqu’elles deviennent chroniques ou mal soignées, affecter durablement l’audition.

  • Otites chroniques : une inflammation répétée du tympan ou de l’oreille moyenne risque d’entraîner des lésions irréversibles.
  • Otospongiose : maladie héréditaire touchant l’os de l’oreille, pouvant débuter entre 20 et 40 ans et entraîner une surdité de transmission progressive.
  • Maladie de Ménière : caractérisée par des crises de vertiges, une surdité fluctuante et des acouphènes. Elle touche surtout des adultes entre 30 et 60 ans (prévalence : 0,2 à 0,5 %).

Même une infection banale, si elle n’est pas prise en charge rapidement, peut aboutir à la perforation du tympan ou à une baisse définitive de l’audition.

Médicaments et substances toxiques : un risque souvent méconnu

Certains traitements, dits « ototoxiques », peuvent abîmer les structures de l’oreille interne. Leur effet dépend de la dose, de la durée et de la fragilité du patient. Les substances les plus à risque sont :

  • Certains antibiotiques (aminosides, vancomycine)
  • Certains anti-inflammatoires et traitements anticancéreux (cisplatine notamment)
  • Certains diurétiques puissants

Selon l’ANSM, environ 8 à 10 % des cas de surdité acquise pourraient être liés à la prise d’un médicament ototoxique, particulièrement chez les patients hospitalisés à plusieurs reprises.

De façon plus indirecte, l’exposition professionnelle ou accidentelle à des solvants, pesticides ou colles industrielles fait également partie des facteurs de risque (source : Assurance Maladie).

Traumatismes crâniens et lésions physiques

Un choc violent, une fracture du crâne ou un traumatisme de l’oreille ou du visage peut provoquer une perte auditive immédiate, parfois accompagnée d’acouphènes. Il existe également des lésions plus insidieuses, après une chirurgie de l’oreille ou la pose d’un dispositif médicinal (pose de drains, de prothèses ossiculaires chez l’adulte par exemple).

Les traumatismes sont une cause plus rare, mais leurs séquelles sont souvent lourdes, surtout lorsqu’ils touchent une oreille déjà fragilisée par l’âge ou d’autres facteurs.

Des facteurs que l’on oublie trop souvent : hérédité et maladies générales

Certaines formes de perte auditive chez l’adulte sont d’origine familiale ou génétique, et se manifestent sans cause « extérieure » apparente. On estime que 30 % des surdités progressives de l’adulte ont un composant génétique (source : Fédération Française des Malentendants).

Par ailleurs, le diabète, les maladies cardiovasculaires (notamment l’hypertension artérielle), l’hypercholestérolémie ou certaines pathologies auto-immunes peuvent fragiliser l’oreille interne. Des études (Inserm 2022) montrent par exemple que les adultes diabétiques ont 2 fois plus de risque de développer une surdité précoce que la moyenne. Ceci s’explique par la micro-inflammation chronique qui abîme les vaisseaux sanguins et endommage le nerf auditif.

S’informer pour mieux prévenir : conseils pratiques face aux causes évitables

Si certaines causes de troubles auditifs sont inévitables (âge, accident...), d’autres peuvent être prévenues par une politique de prévention efficace et des gestes adaptés au quotidien :

  • Porter des protections auditives dans les environnements bruyants et lors de concerts ou festivals
  • Limiter le volume sonore des écouteurs (pas plus de 60 % du volume maximum, pas plus d’1h/jour lorsque possible)
  • Espacer les expositions aux sons forts, accorder des pauses auditives
  • Consulter un professionnel dès l’apparition de symptômes (acouphènes, baisse de l’audition, sensation d’oreille bouchée)
  • Informer le médecin traitant en cas de prise de médicaments potentiellement ototoxiques
  • Adopter une bonne hygiène de vie : contrôle du diabète, surveiller la tension et le cholestérol

À noter que la majorité des pertes auditives évoluent lentement et s’installent sans douleur : s’informer, dépister tôt et consulter est primordial pour préserver sa qualité de vie et son autonomie.

Vers une meilleure prise en charge des troubles auditifs en Seine-Saint-Denis

Le département de la Seine-Saint-Denis, avec sa forte densité urbaine et une population jeune mais aussi exposée à des risques sonores variés, affiche des chiffres préoccupants : selon une étude de l’ARS Île-de-France, 16 % des adultes interrogés déclarent vivre avec une gêne auditive, mais moins de 30 % d’entre eux sont actuellement suivis ou équipés.

Des dispositifs locaux se structurent pour améliorer la prévention, l’accès au dépistage et aux soins : campagnes d’information dans les collèges et lycées, journées portes ouvertes dans les centres de santé, relais d’information dans les entreprises. Il existe également, en complément des consultations d’audioprothésistes, plusieurs réseaux de soutien et de sensibilisation dans le 93.

Comprendre quelles sont les causes de la perte auditive chez l’adulte est le premier pas vers une prévention efficace. Parler de ses difficultés, repérer les situations à risque, et solliciter sans attendre un spécialiste de l’audition sont autant de moyens d’agir pour préserver un capital auditif précieux… à tout âge.

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