17/04/2026

Passer un test auditif : à quoi s’attendre chez l’audioprothésiste ou l’ORL ?

Repérer quand consulter : l’importance d’un test auditif précoce

Les troubles de l’audition sont plus fréquents qu’on ne le pense : selon l’Organisation mondiale de la santé, 1 personne sur 5 dans le monde vit avec une perte auditive, souvent non diagnostiquée (OMS). Des symptômes comme la difficulté à suivre une conversation, la hausse du volume de la télévision, ou la gêne dans les environnements bruyants doivent alerter. Un test auditif, simple et indolore, reste le meilleur moyen de poser un diagnostic précis et d’adapter la prise en charge.

Qui consulter pour un bilan auditif ? Différences entre audioprothésiste et ORL

  • ORL (oto-rhino-laryngologiste) : médecin spécialiste des pathologies de l’oreille, du nez et de la gorge. Seul l’ORL pose le diagnostic médical et peut prescrire des appareils auditifs.
  • Audioprothésiste : professionnel paramédical expert de l’appareillage auditif. Il réalise aussi des tests, mais ceux-ci servent principalement à évaluer l’efficacité d’une correction ou à adapter les réglages d’une prothèse.

Habituellement, un premier dépistage peut se faire directement chez l’audioprothésiste. Pour un diagnostic médical ou en cas de doutes (infections, douleurs, acouphènes…), l’ORL reste le passage indispensable.

Déroulement du test auditif chez un ORL : les différentes étapes

  1. L’entretien initial
    • Anamnèse : questions sur l’historique médical, les symptômes, les antécédents familiaux, l’environnement sonore professionnel ou privé.
    • Questionnaire sur la gêne ressentie (fréquence, intensité, situations concernées).
  2. L’examen clinique
    • Inspection du pavillon, du conduit auditif externe et du tympan à l’otoscope.
    • Recherche d’anomalies (bouchon de cérumen, infection, perforation, malformation).
  3. Les tests audiométriques
    • Audiométrie tonale : évalue la capacité à percevoir différents sons purs (fréquences et intensités variées). Cet examen se réalise sous casque dans une cabine insonorisée. Les résultats dessinent l’audiogramme, une courbe représentant l’audition de chaque oreille.
    • Audiométrie vocale : teste la capacité à entendre et comprendre des mots courants dans le silence et parfois dans le bruit. Le résultat identifie le taux de reconnaissance de la parole.
    • Tests complémentaires selon les cas : impédancemétrie (mobilité du tympan), otoémissions acoustiques (fonctionnement des cellules sensorielles), potentiels évoqués auditifs (analyse du nerf auditif), etc.

L’ensemble du bilan ORL dure généralement entre 30 et 45 minutes. L’audiométrie classique n’est ni douloureuse ni invasive. Immédiatement après, les résultats sont expliqués : type et degré de surdité, causes éventuelles, recommandations (traitement médical, chirurgie, appareillage…).

Chez l’audioprothésiste : tests adaptés et conseils personnalisés

  • Si vous venez sur prescription médicale, l’audioprothésiste réalise ses propres bilans pour mieux cibler l’accompagnement et adapter la correction.
  • Les tests sont similaires à ceux effectués chez l’ORL, centrés sur l’audiométrie tonale et vocale, mais plus orientés vers l’évaluation de l’efficacité des appareils et la discussion sur les attentes du patient.
  • L'audioprothésiste propose souvent une période d'essai gratuite d’appareils auditifs. Pendant ce temps, de nouveaux tests en conditions réelles (bruit, conversation, musique) permettent de personnaliser le réglage.

Ce parcours s'étale sur plusieurs rendez-vous pour garantir une adaptation progressive et un suivi qui peut s’inscrire dans la durée.

Ce que révèlent les tests : comprendre son audiogramme

L’audiogramme est la courbe de référence pour représenter l’acuité auditive. Il se lit comme une carte de vos capacités à entendre différentes fréquences, des graves aux aigus, à des intensités variées (en décibels).

Type de perte Seuil en dB Impact sur la vie quotidienne
Légère 20 à 40 dB Gêne conversationnelle dans le bruit(difficulté à suivre plusieurs personnes, à entendre à distance)
Moyenne 41 à 70 dB Besoin de répéter, volume de télévision élevé, isolement progressif
Sévère 71 à 90 dB Grande difficulté à comprendre la parole, même forte
Profonde > 90 dB Perte de la quasi-totalité des sons, recours à la lecture labiale, solutions spécifiques

La plupart des surdités acquises sont d’abord progressives et concernent les fréquences aiguës. Dans la population générale en France, près de 65% des plus de 65 ans sont concernés par une gêne auditive (source : Santé publique France).

Questions fréquentes et idées reçues

  • Le test auditif est-il douloureux ?Non, il s’agit d’un examen sans danger ni douleur, adapté à tout âge (enfants, adultes, seniors).
  • Puis-je passer un test gratuitement ? Les audioprothésistes proposent souvent un dépistage sans frais (hors prescription), contrairement au bilan complet chez l’ORL pris en charge sur prescription médicale (par votre médecin traitant par exemple).
  • Est-ce que l’appareillage est systématique ? Non, il n’est proposé qu’en cas de déficit significatif et après plusieurs vérifications. Un suivi médical reste la priorité.
  • À quelle fréquence tester son audition ? Au moins tous les 10 ans avant 50 ans, puis tous les 5 ans au-delà ou en cas de symptômes.

Bien se préparer à un test auditif

  • Faire un point sur ses antécédents (traumatismes sonores, infections, interventions chirurgicales…)
  • Venir avec la liste de ses traitements en cours
  • Noter les situations où la gêne est la plus marquée (famille, travail, extérieur…)
  • Si besoin, se faire accompagner par un proche pour rassurer ou compléter les informations

Une bonne préparation aide le professionnel à affiner le diagnostic, et favorise l’implication du patient dans la suite du parcours.

Où réaliser un test auditif en Seine-Saint-Denis ?

Le département dispose d’un large réseau de cabinets ORL, de centres d’audioprothèse et de structures publiques (hôpitaux, centres de santé municipaux). Certaines associations mènent également des actions de dépistage gratuit, notamment lors de la Semaine du Son ou des Journées Nationales de l’Audition (JNA), souvent relayées localement (surdi.info, JNA).

Rendre le test auditif accessible à tous

Le recours à un bilan auditif n’est pas réservé aux seniors. On constate une montée des troubles auditifs chez les jeunes adultes, en particulier en milieu urbain, en lien avec l’augmentation des expositions sonores (écouteurs, concerts, environnement bruyant). Repérer tôt une baisse de l’audition, c’est préserver sa qualité de vie, ses relations, ses performances scolaires ou professionnelles.

En Seine-Saint-Denis comme ailleurs, les solutions existent, qu’il s’agisse de prévention, de soins ou d’appareillage. L’essentiel reste d’oser franchir le pas du test, sans crainte ni tabou, pour avancer sereinement sur le chemin d’une meilleure audition.

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