Des cellules fragiles, non régénératives
Les cellules ciliées de la cochlée sont de véritables bijoux de miniaturisation : on en compte environ 15 000 dans chaque oreille, réparties sur quelques millimètres. Ces cellules sont incapables de se régénérer à l’âge adulte : lorsqu’elles sont abîmées ou détruites, la perte est irréversible (Institut Pasteur). Avec le temps, elles subissent :
- une usure « naturelle », par leur simple activité ;
- des microtraumatismes sonores répétés (bruits forts, musiques, environnement bruyant) ;
- une moindre vascularisation qui les fragilise ;
- l’accumulation de radicaux libres qui endommagent les tissus (Science Direct).
Au fil des décennies, leur destruction est progressive : on estime qu’un adulte de 70 ans a perdu jusqu’à 40 % de ses cellules ciliées externes (Otte J. et al., 1978).
Le rôle du vieillissement vasculaire
L’oreille interne dépend fortement d’un apport sanguin de qualité. Or, en avançant en âge, les petits vaisseaux qui irriguent la cochlée s’épaississent ou se rigidifient (athérosclérose, sclérose des capillaires), ce qui limite leur efficacité.
- La « strie vasculaire », région clé pour fournir oxygène et nutriments aux cellules de la cochlée, s’appauvrit.
- La moindre oxygénation favorise la dégénérescence des cellules ciliées ainsi que des fibres nerveuses auditives.
Des études ont montré que les troubles de la circulation (hypertension, diabète, cholestérol élevé) accélèrent la presbyacousie (European Annals of Otorhinolaryngology).
La dégénérescence nerveuse et synaptique
Le vieillissement ne touche pas uniquement les « capteurs » de l’oreille. Les fibres nerveuses qui relient les cellules ciliées au nerf auditif subissent aussi des pertes progressives. De même, la jonction entre cellule ciliaire et fibre nerveuse (la synapse) se raréfie ou fonctionne moins bien. L’ensemble du trajet de l’information sonore peut donc être ralenti ou perturbé.
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D’après le Dr. Roland Laszig (Université de Fribourg), la « synaptopathie cochléaire » serait un élément clé du vieillissement auditif, expliquant la difficulté à suivre une conversation en environnement bruyant, même si certains sons restent audibles.