Il existe une batterie de tests complémentaires, chacun ayant un rôle précis : dépister, caractériser le type de surdité (transmissive, neurosensorielle, mixte), évaluer la sévérité du déficit, aider à la prise de décision en matière d’appareillage.
L’examen clinique et l’otoscopie
Le premier temps du bilan passe par l’examen visuel du conduit auditif : un simple bouchon de cérumen, une inflammation ou une perforation du tympan peuvent expliquer une perte d’audition. L’otoscopie élimine donc d’abord les causes mécaniques ou infectieuses, qui nécessitent un traitement médical spécifique.
Les tests d’audiométrie tonale liminaire
C’est l’examen clé pour mesurer le niveau de l’audition. Classiquement réalisé sous casque en cabine insonorisée, il évalue l’audition pour différentes fréquences (de 125 Hz à 8000 Hz) et intensités sonores.
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Audiométrie aérienne : sons transmis par casque pour tester la conduction aérienne, c’est-à-dire le passage du son par l’oreille externe puis moyenne et interne.
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Audiométrie osseuse : un vibrateur posé contre la mastoïde (derrière l’oreille) stimule directement l’oreille interne : cela permet d’isoler une surdité "de transmission" (touchant l’oreille externe ou moyenne) d’une surdité "de perception" (atteinte de l’oreille interne ou du nerf auditif).
Les résultats (audiogramme) permettent de quantifier la perte auditive en décibels. Une perte supérieure à 20-25 dB sur plusieurs fréquences est jugée anormale chez l’adulte.
L’audiométrie vocale
L’évaluation ne se limite pas au seuil des sons purs : la compréhension de la parole est primordiale. L’audiométrie vocale consiste à faire écouter des listes de mots à différentes intensités, le patient devant les répéter. Cet examen met en évidence les difficultés de reconnaissance du langage, particulièrement fréquentes dans les surdités liées à l’âge (presbyacousie), même si l’audiométrie tonale reste correcte.
Une bonne audition ne se résume pas à entendre un bruit, mais à comprendre le message transmis : c’est pourquoi ce test est essentiel pour évaluer l’impact fonctionnel du trouble auditif.
Les tests supraliminaires : exploration approfondie de l’oreille interne et du nerf auditif
Dans certains cas, surtout face à des troubles auditifs asymétriques ou rapidement évolutifs, les spécialistes réalisent des tests plus spécialisés :
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Test de Fowler : analyse la perception de la forte intensité sonore, utile dans le diagnostic des surdités de perception.
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Test de Weber et Rinne : réalisés au diapason, ils permettent d’orienter le diagnostic entre surdité de transmission et de perception.
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Test de Gellé : rare, il précise certaines atteintes osseuses.
Les potentiels évoqués auditifs (PEA)
Les PEA constituent un examen paracliniques utile pour explorer l’oreille interne voire le parcours du nerf auditif jusqu’au cerveau. Cet examen, qui mesure l’activité électrique générée par les sons, complète le bilan en cas de suspicion de neuropathie auditive ou de troubles inexpliqués. En ville, il est habituellement réservé à des cas spécifiques et réalisé en hôpital ou centre spécialisé.
Imagerie et examens complémentaires
Lorsque le bilan auditif met en évidence une atteinte inexpliquée, unilatérale ou associée à d’autres symptômes neurologiques, une imagerie (IRM, scanner) peut être prescrite. Elle recherche des pathologies plus rares telles que neurinome de l’acoustique ou lésions cérébrales (HAS).