16/11/2025

Comprendre et confirmer un trouble auditif à l’âge adulte : quels tests réaliser ?

Pourquoi suspecter un trouble auditif chez l’adulte ?

Avant même de parler de tests, il est utile de rappeler quels signaux d’alerte peuvent faire suspecter une perte auditive. Selon l’Organisation mondiale de la santé, en 2022, plus de 430 millions de personnes souffraient d’une déficience auditive invalidante dans le monde (OMS). En France, près d’un adulte sur quatre de plus de 60 ans est concerné (Santé publique France). Les troubles de l’audition sont donc loin d’être rares, mais ils sont souvent détectés tardivement.

  • Difficultés à suivre une conversation en groupe ou dans un environnement bruyant
  • Besoin de monter le volume de la télévision ou de la radio
  • Impression que certains sons ou voix semblent "étouffés"
  • Fait répéter son entourage fréquemment
  • Bourdonnements, sifflements ou acouphènes

Dès l’apparition de ces signes, il est recommandé de consulter. Un bilan auditif permet d’objectiver la présence d’un trouble et d’éviter l’installation d’isolement, de fatigue ou de troubles cognitifs associés à une mauvaise audition (INSERM).

Le parcours de dépistage d’un trouble auditif

En France, le parcours classique comprend plusieurs étapes :

  1. Premier échange avec le médecin traitant Le médecin généraliste oriente souvent la démarche. Il réalise un entretien pour comprendre la gêne, explorer les antécédents médicaux et repérer d’éventuelles causes associées (otites, expositions au bruit, traitements toxiques pour l’oreille internes…).
  2. Consultation spécialisée ORL L’oto-rhino-laryngologiste est le spécialiste référent. Il écarte notamment toute cause organique grave, vérifie la perméabilité du conduit auditif (bouchon de cérumen, infection…) et prescrit les investigations spécifiques.
  3. Bilan auditif réalisé par un professionnel diplômé Les audioprothésistes, sur prescription médicale, réalisent la majorité des tests auditifs en ville. Ces examens sont indolores, rapides et apportent une première objectivation du trouble.

Dans certains cas, d’autres spécialistes peuvent être sollicités (neurologues, gériatres, phoniatres) pour des troubles auditifs complexes ou chez des personnes âgées présentant des troubles cognitifs associés.

Quels sont les principaux tests pour confirmer un trouble auditif chez l’adulte ?

Il existe une batterie de tests complémentaires, chacun ayant un rôle précis : dépister, caractériser le type de surdité (transmissive, neurosensorielle, mixte), évaluer la sévérité du déficit, aider à la prise de décision en matière d’appareillage.

L’examen clinique et l’otoscopie

Le premier temps du bilan passe par l’examen visuel du conduit auditif : un simple bouchon de cérumen, une inflammation ou une perforation du tympan peuvent expliquer une perte d’audition. L’otoscopie élimine donc d’abord les causes mécaniques ou infectieuses, qui nécessitent un traitement médical spécifique.

Les tests d’audiométrie tonale liminaire

C’est l’examen clé pour mesurer le niveau de l’audition. Classiquement réalisé sous casque en cabine insonorisée, il évalue l’audition pour différentes fréquences (de 125 Hz à 8000 Hz) et intensités sonores.

  • Audiométrie aérienne : sons transmis par casque pour tester la conduction aérienne, c’est-à-dire le passage du son par l’oreille externe puis moyenne et interne.
  • Audiométrie osseuse : un vibrateur posé contre la mastoïde (derrière l’oreille) stimule directement l’oreille interne : cela permet d’isoler une surdité "de transmission" (touchant l’oreille externe ou moyenne) d’une surdité "de perception" (atteinte de l’oreille interne ou du nerf auditif).

Les résultats (audiogramme) permettent de quantifier la perte auditive en décibels. Une perte supérieure à 20-25 dB sur plusieurs fréquences est jugée anormale chez l’adulte.

L’audiométrie vocale

L’évaluation ne se limite pas au seuil des sons purs : la compréhension de la parole est primordiale. L’audiométrie vocale consiste à faire écouter des listes de mots à différentes intensités, le patient devant les répéter. Cet examen met en évidence les difficultés de reconnaissance du langage, particulièrement fréquentes dans les surdités liées à l’âge (presbyacousie), même si l’audiométrie tonale reste correcte.

Une bonne audition ne se résume pas à entendre un bruit, mais à comprendre le message transmis : c’est pourquoi ce test est essentiel pour évaluer l’impact fonctionnel du trouble auditif.

Les tests supraliminaires : exploration approfondie de l’oreille interne et du nerf auditif

Dans certains cas, surtout face à des troubles auditifs asymétriques ou rapidement évolutifs, les spécialistes réalisent des tests plus spécialisés :

  • Test de Fowler : analyse la perception de la forte intensité sonore, utile dans le diagnostic des surdités de perception.
  • Test de Weber et Rinne : réalisés au diapason, ils permettent d’orienter le diagnostic entre surdité de transmission et de perception.
  • Test de Gellé : rare, il précise certaines atteintes osseuses.

Les potentiels évoqués auditifs (PEA)

Les PEA constituent un examen paracliniques utile pour explorer l’oreille interne voire le parcours du nerf auditif jusqu’au cerveau. Cet examen, qui mesure l’activité électrique générée par les sons, complète le bilan en cas de suspicion de neuropathie auditive ou de troubles inexpliqués. En ville, il est habituellement réservé à des cas spécifiques et réalisé en hôpital ou centre spécialisé.

Imagerie et examens complémentaires

Lorsque le bilan auditif met en évidence une atteinte inexpliquée, unilatérale ou associée à d’autres symptômes neurologiques, une imagerie (IRM, scanner) peut être prescrite. Elle recherche des pathologies plus rares telles que neurinome de l’acoustique ou lésions cérébrales (HAS).

Comment s’interprètent les résultats ?

La lecture des bilans auditifs est une étape cruciale pour guider la prise de décision. Les audiologistes utilisent des courbes audiométriques pour définir le degré de surdité (Ameli.fr) :

Niveau de perte (dB) Interprétation
0-20 Audition normale
21-40 Surdité légère
41-70 Surdité moyenne
71-90 Surdité sévère
> 90 Surdité profonde

Le diagnostic s’accompagne d’une classification : surdité de transmission (souvent guérissable), neurosensorielle (souvent liée à l’âge, au bruit), ou mixte.

À quoi servent ces tests ? Et après ?

  • Confirmer un diagnostic : un trouble objectivé permet de lever le doute et de freiner les hésitations du patient devant une gêne souvent banalisée.
  • Adapter les solutions : une fois le profil auditif défini, divers traitements, appareillages ou rééducations peuvent être proposés : aides auditives (plus de 430 000 appareils vendus chaque année en France, selon l’UNSAF), chirurgie, traitements médicamenteux ou conseils d’environnement.
  • Prévenir les complications : une perte auditive non prise en charge favorise le risque de dépression, de repli social, voire de déclin cognitif (INSERM).

Se faire tester en Seine-Saint-Denis : spécificités locales et ressources utiles

L’accès aux bilans auditifs reste un enjeu en Seine-Saint-Denis, département jeune mais touché par la précarité et la méconnaissance des troubles sensoriels. De nombreux centres, hôpitaux et cabinets sont présents (Centre hospitalier de Montreuil, CHU Avicenne à Bobigny…). Des campagnes de dépistage en pharmacie ou en centres municipaux se multiplient. Depuis 2021, la réforme du "100% Santé" facilite aussi le remboursement intégral des tests et appareils audioprothétiques.

  • Plus de 60 centres auditifs sont ouverts en Seine-Saint-Denis (données 2023 – ameli.fr)
  • Des initiatives de dépistage mobile existent dans certains quartiers prioritaires
  • L’accompagnement psychologique et social est possible via les réseaux locaux de santé

Vers un dépistage précoce et une meilleure prise en charge

Les tests auditifs, du dépistage simple à l’exploration complète, constituent un maillon essentiel d’une prise en charge efficace des troubles auditifs chez l’adulte. Plus le diagnostic est posé tôt, plus les solutions sont efficaces et la qualité de vie préservée. La diversité des examens proposés, leur accessibilité accrue et l’intégration dans un parcours coordonné (médecin traitant, ORL, audioprothésiste) permettent aujourd’hui d’identifier rapidement un trouble auditif, d’en comprendre les enjeux et d’y répondre de façon personnalisée.

Pour en savoir plus, les sites de Santé publique France et de la Haute Autorité de Santé proposent des guides à consulter. Pour les habitants de Seine-Saint-Denis, se rapprocher des professionnels locaux ou solliciter des permanences d’information constitue la première marche vers une meilleure audition.

En savoir plus à ce sujet :

Tous droits réservés | © Copyright audition-surdite-93.fr.